Comment une entreprise peut soutenir une association éducative : mécénat financier, en nature et de compétences

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Comment une entreprise peut soutenir une association éducative : mécénat financier, en nature et de compétences
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Trois façons de soutenir une association éducative

Une entreprise qui souhaite soutenir une association éducative dispose de plusieurs leviers. Le mécénat ❏ est un soutien financier, matériel ou humain apporté à un organisme d’intérêt général ❏ sans contrepartie équivalente. Des contreparties limitées peuvent exister, à condition qu’elles restent disproportionnées par rapport au don. Sous certaines conditions, ce soutien peut ouvrir droit à une réduction d’impôt pour l’entreprise donatrice.

Ce cadre général recouvre en réalité trois mécanismes distincts, souvent confondus : le don financier, le don en nature et la mise à disposition de compétences.

Ces trois formes ne s’excluent pas : une PME peut très bien combiner un don ponctuel, la mise à disposition d’un local et l’intervention régulière d’un salarié. Comprendre ce qui les distingue permet de choisir la modalité la plus adaptée aux moyens et aux priorités de l’entreprise.

Le mécénat financier : le don en numéraire

C’est la forme la plus connue : l’entreprise verse une somme d’argent à une association d’intérêt général, sans contrepartie directe. Pour une association éducative, ce type de don peut financer, par exemple, l’achat de matériel pédagogique ou le fonctionnement d’un programme d’accompagnement.

Toutes les entreprises soumises au régime réel d’imposition, qu’elles relèvent de l’impôt sur le revenu ou de l’impôt sur les sociétés, peuvent bénéficier d’une réduction d’impôt en contrepartie de ces dons. C’est ce cadre fiscal commun qui s’applique également, comme on le verra, aux deux autres formes de mécénat.

Le mécénat en nature : biens, marchandises et prestations

Le mécénat en nature ❏ consiste à donner un bien ou à réaliser une prestation, plutôt qu’à verser une somme d’argent. Il peut prendre plusieurs formes concrètes :

  • La remise d’un bien immobilisé, comme le don d’un véhicule
  • Le don de marchandises en stock, par exemple des matériaux divers
  • L’exécution d’une prestation de services, comme la création gratuite d’un site internet
  • La mise à disposition de moyens matériels, personnels ou techniques propres à l’entreprise

Pour une association éducative, cela peut se traduire par par la mise à disposition pour organiser des ateliers, le don d’ordinateurs devenus superflus pour l’entreprise, ou encore la mise à disposition gratuite d’un employé pour assurer une mission ponctuelle, par exemple la comptabilité de l’association.

Les critères d’éligibilité de l’organisme bénéficiaire sont exactement les mêmes que pour un don en numéraire : il doit s’agir d’un organisme d’intérêt général au sens de l’article 238 bis du Code général des impôts ❏, ce qui inclut le caractère éducatif.

À voir : School.Lab et Maarch : 6 années de partenariat au service de la réussite éducative à Nanterre

Le mécénat de compétences : mettre à disposition des salariés

Le mécénat de compétences ❏ est un dispositif solidaire, non défini juridiquement en tant que tel, par lequel une entreprise met gratuitement à disposition un ou plusieurs salariés au profit d’un organisme éligible au mécénat.

Le salarié continue d’être rémunéré par son employeur pendant la mission.

Selon la forme choisie, l’organisation du travail diffère : dans une prestation de services, le salarié reste sous la direction de son entreprise ; dans le cadre d’un prêt de main-d’œuvre, une partie du pouvoir hiérarchique peut être transférée à l’association bénéficiaire.

Ce dispositif se distingue nettement du bénévolat de compétences, qui relève, lui, de l’initiative personnelle du salarié sur son temps libre.

Le mécénat de compétences, à l’inverse, est à l’initiative de l’entreprise et s’exerce sur le temps de travail — mais uniquement sur la base du volontariat du salarié concerné, l’entreprise ne pouvant pas lui imposer cette mission.

Concrètement, il peut prendre deux formes :

  • Le prêt de main d’œuvre, où l’association pilote elle-même la mission confiée au salarié mis à disposition
  • La prestation de service, où l’entreprise réalise directement une mission ciblée au profit de l’association, sans transférer le pilotage

Une association peut en règle générale accueillir ce type de mission si elle est habilitée à délivrer des reçus fiscaux, notamment lorsqu’elle relève des organismes d’intérêt général au caractère éducatif, social ou culturel visés à l’article 238 bis du CGI.

La durée d’une mission peut aller d’une simple demi-journée à un temps plein, dans la limite légale de trois ans fixée par l’article L8241-3 du Code du travail.

La mission doit être formalisée entre les parties. Dans le cas particulier d’un prêt de main-d’œuvre, une convention tripartite entre l’entreprise, le salarié et l’organisme bénéficiaire est prévue, ainsi qu’un avenant au contrat de travail du salarié.

Le Ministère de la Culture met d’ailleurs à disposition des modèles de conventions distincts selon le type de mécénat pratiqué et propose également un guide pratique ❏

Un cadre fiscal commun, des règles de valorisation spécifiques

Que le don soit financier, en nature ou de compétences, il ouvre droit au même mécanisme de réduction d’impôt, prévu par l’article 238 bis du CGI : 60 % de la fraction des versements inférieure ou égale à 2 millions d’euros, et 40 % au-delà de ce seuil pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2020.

Un plafond global s’applique par ailleurs : la réduction porte sur 20 000 euros ou 0,5 % du chiffre d’affaires annuel hors taxes, selon le montant le plus élevé. Si ce plafond est dépassé au cours d’un exercice, l’excédent peut être reporté sur les cinq exercices suivants, au même taux.

La différence essentielle entre les trois formes de mécénat tient à la manière dont le don est valorisé

  • Un don financier se valorise simplement par le montant versé
  • Un don en nature est en principe valorisé à son coût de revient hors taxes. Des règles particulières s’appliquent notamment aux biens inscrits à l’actif de l’entreprise.
  • Une mise à disposition de personnel, dans le cadre du mécénat de compétences, se valorise au coût de revient réel : la rémunération du salarié additionnée des charges sociales

Pour la mise à disposition d’un salarié, la valorisation correspond au coût de revient de la mise à disposition — rémunération brute et charges sociales afférentes, au prorata du temps consacré — dans la limite prévue par l’article 238 bis du CGI.

Elle doit ensuite être réintégrée extra-comptablement par l’entreprise sur le tableau n° 2058-A-SD de sa liasse fiscale. L’entreprise mécène reste responsable de la valorisation du don. L’association bénéficiaire reporte cette valeur sur le reçu fiscal et conserve néanmoins un devoir de vigilance sur la cohérence des montants déclarés.

Choisir la forme de soutien adaptée à son association éducative

Pour une PME ou un responsable RSE, le choix entre ces trois formes de mécénat dépend souvent des ressources disponibles plutôt que d’une hiérarchie entre elles. Une entreprise disposant de trésorerie ponctuelle privilégiera peut-être le don financier ; une entreprise disposant de matériel ou de locaux inutilisés pourra opter pour un don en nature ; une entreprise souhaitant impliquer directement ses équipes se tournera vers le mécénat de compétences, par exemple en mettant un salarié à disposition pour accompagner une association dans un projet précis.

Dans le champ éducatif, ces trois leviers peuvent répondre à des besoins très concrets : financer des ateliers, donner du matériel informatique, ou mettre à disposition une expertise technique ou méthodologique le temps d’une mission.

L’essentiel, avant tout engagement, reste de vérifier que l’association visée relève bien d’un organisme d’intérêt général au sens de l’article 238 bis du CGI, condition commune aux trois formes de mécénat.

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Sources de l’article

Mécénat : donnez à des œuvres d’intérêt général et obtenez une réduction d’impôt — Ministère de l’Économie : https://www.economie.gouv.fr/entreprises/gerer-sa-fiscalite-et-ses-impots/limpot-sur-les-benefices-ir-et/mecenat-donnez-des-oeuvres-dinteret-general-et-obtenez-une-reduction

Mécénat de compétences : un guide pratique pour redonner du sens au travail — Ministère de l’Économie : https://www.economie.gouv.fr/mecenat-competences-guide-pratique-redonner-sens-travail

Le mécénat de compétences, c’est quoi ? — Associations.gouv.fr : https://associations.gouv.fr/le-mecenat-de-competences-cest-quoi

BIC – Réductions d’impôt – Mécénat ou réduction d’impôt pour les dons visés à l’article 238 bis du CGI — BOFiP : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/6476-PGP.html/identifiant=BOI-BIC-RICI-20-30-10-20-20230621

Le mécénat en nature ou en compétences — Ministère de la Culture : https://www.culture.gouv.fr/thematiques/mecenat/entreprises/le-mecenat-en-nature-ou-en-competences

Mécénat ou sponsoring : quelle différence ? Dans le mécénat, l’entreprise soutient une action d’intérêt général sans recevoir de contrepartie commerciale équivalente. Une reconnaissance limitée peut exister. Lorsque l’entreprise recherche en revanche une prestation publicitaire ou commerciale proportionnée à son financement, l’opération relève plutôt du parrainage ou sponsoring.