Ce que les élèves à besoins particuliers gardent lors des évaluations de rentrée : le cas des adaptations PPRE, PAP et PPS
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Table des matières
Chaque rentrée, la même inquiétude revient chez les familles dont l’enfant bénéficie d’un PPRE, d’un PAP ou d’un PPS : les évaluations nationales vont-elles remettre en cause les aménagements obtenus parfois après plusieurs mois de démarches ? La réponse est non.
Ce que dit clairement le ministère
Le maintien des adaptations habituelles est une obligation clairement formulée par le ministère de l’Éducation nationale, et non une simple tolérance laissée à l’appréciation de l’enseignant. Cette règle figure dans le document officiel : Accompagnement des élèves à besoins éducatifs particuliers lors des évaluations ❏ — mis à jour en 2024.
Le texte est sans ambiguïté :
« Durant les évaluations nationales, chaque école veille à maintenir les adaptations, l’accompagnement humain, le matériel et les moyens de compensation habituels des élèves ayant des besoins éducatifs particuliers. »
Cette règle s’applique aux évaluations Repères ❏, qui concernent chaque année les élèves du CP au CM2 en français et en mathématiques, en septembre puis, pour le CP, lors d’un second temps appelé « Point d’étape » en janvier. Pour la campagne 2026, la passation se déroule du 7 au 18 septembre, et la saisie des réponses par les enseignants est ouverte jusqu’au 25 septembre.
Ce que cela signifie concrètement
→ Un enfant qui bénéficie d’un temps supplémentaire, d’un cahier adapté, d’une aide humaine ou d’un support en braille pendant l’année garde ces mêmes aménagements le jour de l’évaluation nationale.
→ Ce qui change, en revanche, c’est le contenu de l’article : nous allons voir dispositif par dispositif ce que chaque sigle recouvre réellement, car PPRE, PAP et PPS ne désignent pas la même situation ni les mêmes besoins.
PPRE, PAP, PPS : trois sigles, trois situations différentes
Ces trois dispositifs ne sont pas interchangeables et ne se cumulent pas, car ils répondent à des besoins distincts. Une circulaire de 2015 précise que ces dispositifs n’ont pas à coexister :
Le PAP se substitue le cas échéant à un PPRE lorsque les difficultés persistent et relèvent d’un trouble des apprentissages durable.
→ Le PPRE (programme personnalisé de réussite éducative) s’adresse aux élèves qui rencontrent des difficultés d’apprentissage, en particulier lorsqu’ils risquent de ne pas maîtriser les compétences attendues en fin de cycle, notamment en français et en mathématiques.
Il est en général proposé par le directeur d’école ou le chef d’établissement, à l’initiative de l’équipe pédagogique.
→ Le PAP (plan d’accompagnement personnalisé) concerne les élèves dont les difficultés résultent d’un trouble des apprentissages durable : dyslexie, dysphasie, dyspraxie, par exemple…
Il intervient lorsque le PPRE ne suffit plus à répondre aux besoins constatés, sans qu’il y ait de reconnaissance de handicap par la MDPH ❏ (maison départementale des personnes handicapées). Sa mise en place est sollicitée par la famille ou l’équipe pédagogique, et validée par le médecin scolaire.
→ Le PPS (projet personnalisé de scolarisation) s’adresse aux élèves en situation de handicap reconnue. La famille dépose une demande auprès de la MDPH, accompagnée du document GEVA-Sco ❏ (guide d’évaluation des besoins de compensation de l’élève en matière de scolarisation) préparé par l’école ; c’est la CDAPH (commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées) qui statue sur les droits, tandis qu’un enseignant référent coordonne la mise en œuvre au quotidien.
Ces trois dispositifs relèvent de logiques différentes
Le PPRE est un dispositif pédagogique transitoire, le PAP un plan d’accompagnement pédagogique sans reconnaissance de handicap, et le PPS un dispositif relevant de la MDPH avec reconnaissance de handicap.
À la rentrée 2025, environ 269.000 élèves bénéficiant d’un PPS étaient scolarisés en milieu ordinaire dans le second degré, et 203.900 élèves bénéficiant d’un PPS étaient scolarisés en classe ordinaire dans le premier degré.
Cette distinction n’est pas qu’administrative. Elle explique pourquoi un même enfant peut passer d’un PPRE à un PAP si ses difficultés persistent, sans jamais cumuler les deux dispositifs.

Ce qui est concrètement maintenu lors des évaluations Repères 2026
Les guides professeurs officiels des évaluations Repères 2026, notamment pour le niveau CM1, précisent que les outils de compensation habituels doivent être maintenus dans le cadre des trois dispositifs : PPS, PAP et PPRE. Un diaporama national de présentation confirme la même exigence pour les PAP et PPS.
Le ministère précise également que le directeur d’école et le professeur veillent à la pertinence de la passation de l’évaluation au regard des besoins spécifiques de chaque élève.
Autrement dit, l’obligation de maintenir les adaptations s’accompagne d’une vigilance sur l’opportunité même de faire passer l’évaluation à certains élèves dont la situation le justifierait.
Concrètement, plusieurs types d’adaptations peuvent être conservés le jour de la passation :
— Adaptations matérielles
Des cahiers adaptés ne comportant qu’un seul exercice par page, imprimés en couleur avec des contrastes renforcés, et modalités de réponse ajustées pour limiter la fatigue et faciliter la lecture, la concentration et le repérage dans la page.
Trois versions de cahiers adaptés sont proposées pour chaque niveau :
- Une version adaptée standard,
- Une version pour élèves sourds et malentendants (avec suppression de certains exercices comme la fluence),
- Une version pour élèves non-voyants (en braille et relief, accompagnée d’un cahier pour l’adulte accompagnant).
— Adaptations linguistiques
Des consignes simplifiées selon les règles du FALC ❏ (Français Facile À Lire et à Comprendre), vidéos en langue des signes française (LSF) et en langue française parlée complétée (LfPC) pour les supports de compréhension orale.
Un point important à comprendre : dans les cahiers adaptés, seules les consignes sont simplifiées, mais les exercices eux-mêmes restent identiques à ceux des cahiers standard.
L’adaptation porte sur l’accessibilité de la consigne, non sur le niveau d’exigence de l’évaluation.
— Adaptations sensorielles
Passation possible en braille ou à l’oral selon le profil de l’élève non-voyant
— Accompagnement humain et matériel
Maintien de l’aide humaine et des moyens de compensation utilisés habituellement en classe

À savoir : les cahiers adaptés sont commandés par chaque académie. C’est aux directeurs d’école qu’il revient de quantifier et qualifier les besoins de leurs élèves, puis de transmettre leur demande à l’inspecteur de l’Éducation nationale (IEN) de circonscription.
Un sondage mené auprès des directeurs d’école indique que 69,1% d’entre eux connaissent l’existence des cahiers adaptés pour les élèves non-voyants, et 60,1% pour les élèves sourds et malentendants — un écart qui suggère que l’information sur ces outils pourrait être renforcée.
Le guide adapté 26CM1PM ❏ précise toutefois un point important : ce socle d’adaptations n’exclut pas que des ajustements supplémentaires soient nécessaires selon les situations individuelles.
Vérifier avant la passation : le rôle des parents
Le maintien des adaptations est une obligation institutionnelle, mais sa mise en œuvre concrète dépend de la bonne information de l’équipe pédagogique le jour J.
Les parents ont un rôle actif à jouer avant la passation.
→ La démarche la plus utile consiste à vérifier, en amont des évaluations Repères, que l’enseignant ou le directeur d’école a bien connaissance du PPRE, du PAP ou du PPS de l’enfant, afin que les aménagements habituels – temps supplémentaire, cahier adapté, aide humaine, supports FALC, LSF, LfPC ou braille selon les besoins – soient effectivement appliqués.
🚨 Un dispositif validé sur le papier ne se traduit pas automatiquement en aménagement le jour de la passation s’il n’a pas été signalé à temps.
Après l’évaluation : que montrent les fiches de restitution
Une fois la passation terminée et les réponses saisies par les enseignants (au plus tard le 25 septembre 2026), des documents de restitution deviennent accessibles depuis le portail national : fiches individuelles par élève, tableurs de résultats détaillés en français et en mathématiques, et guide de lecture des scores.
Pour les parents, des fiches descriptives des exercices sont également mises à disposition sur Eduscol et accessibles via un QR code présent sur la fiche de restitution individuelle.
Le guide officiel pour le professeur précise que ces fiches individuelles de restitution « devront être communiquées aux familles dès que possible ». Cette transmission n’est donc pas une option laissée à l’appréciation de l’enseignant, elle fait partie du processus prévu par le ministère.
Ces documents ont une double utilité pour les familles
→ D’une part, ils permettent de dialoguer avec l’enseignant sur les résultats obtenus et sur les besoins d’accompagnement identifiés.
→ D’autre part, ils constituent un point d’appui concret pour vérifier, a posteriori, que les adaptations prévues ont bien été appliquées et pour évoquer, si nécessaire, une évolution du PPRE, du PAP ou du PPS.
Des fiches ressources sont par ailleurs mises en ligne sur Éduscol pour aider les enseignants à ajuster leurs pratiques pédagogiques à partir de ces résultats.
Quatre repères pratiques pour les familles
1️⃣ Vérifier en amont
→ Contacter l’enseignant ou le directeur avant la passation pour confirmer que le PPRE, le PAP ou le PPS est bien connu et que les aménagements seront appliqués
2️⃣ Identifier le bon interlocuteur
→ Le directeur d’école pour les questions matérielles (cahiers adaptés), l’enseignant référent pour le suivi du PPS
3️⃣ Demander les documents de restitution
→ Fiche individuelle et résultats détaillés, pour objectiver les échanges avec l’école
4️⃣ Se renseigner sur un PAP si le PPRE ne suffit plus
→ Lorsque les difficultés persistent malgré un PPRE, le chef d’établissement ou le médecin scolaire peuvent être sollicités pour étudier la mise en place d’un plan d’accompagnement personnalisé. Le PAP est mis en place sur avis du médecin de l’Éducation nationale et se substitue alors au PPRE.
Collaborateurs
Rédaction : L’équipe pédagogique School.Lab
Références
→ REPÈRES CM1 2026 – Guide pour le professeur (26CM1P) — Eduscol : https://eduscol.education.gouv.fr/sites/default/files/document/26cm1p-128914.pdf
→ Accompagnement des élèves à besoins éducatifs particuliers lors des évaluations — Eduscol : https://eduscol.education.gouv.fr/sites/default/files/document/guide-accompagnement-des-eleves-besoins-particuliers-2026-128821.pdf
→ L’évaluation des acquis des élèves du CP au lycée — Ministère de l’Éducation nationale : https://www.education.gouv.fr/l-evaluation-des-acquis-des-eleves-du-cp-au-lycee-12089
→ Organisation des évaluations repères CP, CE1, CE2, CM1 et CM2 — Académie de Paris : https://www.ac-paris.fr/organisation-des-evaluations-reperes-cp-ce1-ce2-cm1-et-cm2-126337
→ Repères et références statistiques 2026 (RERS) — DEPP : https://www.education.gouv.fr/sites/default/files/document/rers-2026-pdf-519880.pdf
→ Circulaire n° 2015-016 du 22 janvier 2015 – Le plan d’accompagnement personnalisé — Ministère de l’Éducation nationale : https://www.education.gouv.fr/bo/15/Hebdo5/MENE1501296C.htm
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