2,3 millions d’élèves interrogés sur leur confiance en eux : ce que révèle l’enquête DEPP sur le lien entre estime de soi et projet d’orientation

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2,3 millions d’élèves interrogés sur leur confiance en eux : ce que révèle l’enquête DEPP sur le lien entre estime de soi et projet d’orientation
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2,3 millions d’élèves interrogés : ce que dit l’enquête DEPP

À la rentrée 2024, 2,3 millions d’élèves scolarisés en sixième, quatrième, seconde et première année de CAP ont répondu à un questionnaire de la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance, le service statistique du ministère de l’Éducation nationale) sur leur confiance en eux et sur leurs orientations futures.

Le constat central de cette note publiée en avril 2025 est net :

Quel que soit leur niveau de performance, notamment en mathématiques, les filles se déclarent moins confiantes que les garçons dans leurs performances aux évaluations.

Ce résultat ne concerne pas un niveau isolé. Il se retrouve de la sixième à la première année de CAP, ce qui suggère un phénomène qui s’installe tôt et perdure tout au long de la scolarité secondaire.

→ Pour un parent ou un adolescent qui construit un projet d’orientation, cette donnée mérite d’être comprise avant d’être commentée.

Autre repère utile : à la rentrée 2024, 76,0 % des élèves de sixième se sentent prêts pour réussir leur année scolaire. Cette donnée n’est pas ventilée par sexe dans les résultats disponibles, mais elle situe le niveau global de confiance affichée en début de collège, avant que les écarts entre filles et garçons ne deviennent visibles sur d’autres indicateurs.

Des écarts de confiance indépendants du niveau réel

Le point le plus important de cette enquête n’est pas seulement qu’il existe un écart de confiance entre filles et garçons : c’est que cet écart existe indépendamment de la performance effective. Autrement dit, une fille qui obtient d’aussi bons résultats qu’un garçon peut se déclarer moins confiante que lui dans ses propres capacités.

Les résultats font apparaître des différences importantes entre filles et garçons : quel que soit leur niveau de performance, notamment en mathématiques, les filles se déclarent moins confiantes que les garçons dans leurs performances aux évaluations.


DEPP, Ministère de l’Éducation nationale

Ce constat n’est pas nouveau : il est documenté depuis l’édition de l’enquête portant sur la rentrée 2021 ❏, où plus de 1,5 million d’élèves de sixième, seconde et première année de CAP avaient déjà été interrogés.

En 2021, un écart de -13,6 points avait été mesuré entre filles et garçons de sixième dans le sentiment d’avoir réussi le test de mathématiques, alors même que les filles obtenaient par ailleurs de meilleurs résultats réels en français (+5 points).

Entre les deux éditions, le périmètre de l’enquête s’est élargi (le niveau quatrième a été ajouté en 2024), mais la tendance générale reste la même.

Cet écart se retrouve également dans les choix d’orientation

Le clivage le plus marqué observé dans la note 2024 concerne la spécialité mathématiques au lycée : 70,4 % des garçons contre 53,2 % des filles ❏ choisissent cette spécialité. Il serait toutefois hâtif d’affirmer que le manque de confiance déclaré explique à lui seul cet écart de choix : l’enquête documente une corrélation entre les deux phénomènes, pas une chaîne de causalité démontrée.

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Ce que cela signifie pour un adolescent en phase d’orientation

Pour un parent de collégien ou de lycéen, ce résultat peut s’entendre de deux manières très différentes :

→ La première, misérabiliste, consisterait à penser que « les filles manquent structurellement de confiance » et à en rester là.

→ La seconde, plus utile, consiste à comprendre qu’un doute exprimé par un adolescent — fille ou garçon — ne reflète pas nécessairement son niveau réel de maîtrise.

Concrètement, cela signifie qu’une fille qui doute de ses capacités en mathématiques au moment de choisir sa spécialité de lycée peut très bien avoir le niveau nécessaire pour réussir dans cette voie.

Le choix d’orientation est d’ailleurs vécu de façon très inégale selon les élèves : pour certains, il permet de confirmer un projet déjà mûri ; pour d’autres, il est source d’angoisse et de difficulté, comme le documente une enquête de la DEPP sur le sentiment de bien-être au collège.

C’est précisément à cet endroit que l’accompagnement des adultes peut faire une différence, sans pour autant garantir un résultat automatique. La recherche en éducation montre que la manière de valoriser un jeune compte autant que le fait de le valoriser :

Pour aider l’élève à gagner en confiance il est fréquent de chercher à le complimenter, et ce d’autant plus s’il peine à trouver une place dans le groupe. Or le compliment peut être stressant ou amener l’idée d’un jugement, d’une évaluation.


Réseau Canopé, Cap école inclusive

L’alternative suggérée n’est pas de multiplier les compliments, mais de construire progressivement une « mémoire » de réussite chez l’adolescent, et, lui permettre de repérer lui-même les moments où il a progressé, plutôt que de recevoir un jugement extérieur ponctuel.

Des pistes concrètes pour accompagner sans dramatiser

Plusieurs leviers, documentés par Réseau Canopé, permettent d’accompagner un adolescent qui doute de lui à l’approche d’un choix d’orientation, sans transformer ce doute en fatalité :

→ Associer l’élève à son propre projet : les parents connaissent les points forts, les intérêts et les difficultés de leur enfant ; les impliquer dans l’élaboration du projet d’orientation, plutôt que de se limiter à commenter les résultats scolaires, peut renforcer la confiance de l’élève dans son parcours

→ Relativiser le doute exprimé sur une matière, en particulier en mathématiques pour une fille, sachant que les enquêtes DEPP montrent un écart de confiance qui n’est pas corrélé à un écart réel de compétence

→ Construire une mémoire de réussite plutôt que d’enchaîner les compliments ponctuels, qui peuvent être vécus comme une évaluation supplémentaire

→ Maintenir un dialogue régulier avec les équipes enseignantes, ce qui permet de définir des objectifs cohérents autour du parcours de l’élève

Un accompagnement de proximité, par petits groupes, peut également offrir un cadre pour reprendre confiance progressivement. À School.Lab, c’est dans cet esprit que nous organisons des ateliers qui articulent consolidation des bases, méthodologie et gestion du stress — sans prétendre, à eux seuls, corriger un écart de confiance dont les causes dépassent largement le cadre scolaire.

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Ce qu’il faut retenir

L’enquête DEPP confirme, sur un périmètre élargi à 2,3 millions d’élèves ❏, un écart de confiance déclaré entre filles et garçons qui traverse la sixième, la quatrième, la seconde et la première année de CAP — un écart indépendant du niveau réel, y compris en mathématiques, où il se traduit aussi par un écart marqué dans le choix de la spécialité au lycée.

Ce constat n’appelle ni résignation ni dramatisation. Il invite plutôt à regarder le doute d’un adolescent pour ce qu’il est souvent : un sentiment déclaré, distinct de sa compétence réelle, sur lequel un accompagnement attentif — familial, scolaire, ou en dehors de l’école — peut avoir prise.

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