Pro(s) dans mon lycée : comment ce dispositif national fait entrer les entreprises dans les lycées professionnels pour préparer l’insertion des jeunes

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Qu’est-ce que le dispositif « Pro(s) dans mon lycée » ?

« Pro(s) dans mon lycée » est une opération nationale qui organise, dans des lycées professionnels partout en France, des rencontres directes entre des élèves et des professionnels d’entreprises. L’objectif est concret : préparer les jeunes à leur insertion professionnelle en leur permettant d’échanger avec des recruteurs et des salariés, après un temps de préparation en classe.

Ce rapprochement intervient dans un contexte où l’entrée dans l’emploi reste très variable selon le diplôme préparé.

Parmi les jeunes sortis d’études en 2024 sans poursuivre de formation, 24 % des sortants de CAP et 39 % des sortants de baccalauréat professionnel occupaient un emploi salarié six mois plus tard.

Le format est impulsé par les clubs départementaux de la Communauté “Les entreprises s’engagent” et se déploie avec France Travail dans le cadre d’AvenirPro ❏, aux côtés des acteurs de l’Éducation nationale et de l’insertion.

L’objectif annoncé pour 2026 est d’organiser 101 éditions partout en France : le dispositif est donc engagé dans une logique de déploiement national.

Pour les entreprises et les responsables RSE ou RH qui découvrent le dispositif, le fonctionnement repose sur deux temps : une préparation des élèves autour de l’orientation, des candidatures et des entretiens, puis des rencontres directes avec des professionnels et des recruteurs.

Comment se déroule concrètement le parcours ?

Le parcours proposé aux élèves de lycée professionnel se construit en deux étapes distinctes, chacune ayant un rôle précis dans la préparation à l’insertion professionnelle.

La première phase prépare les élèves à la rencontre avec des professionnels. Ils travaillent sur les outils de base de la recherche d’emploi : rédaction ou amélioration du CV, de la lettre de motivation et de la préparation à l’entretien d’embauche.

→ Cette étape vise à ce que les jeunes arrivent aux rencontres avec des repères concrets, plutôt que de découvrir ces exercices au moment même de l’échange avec un professionnel.

Selon les éditions, elle associe notamment l’espace “Mon parcours Avenir”, consacré aux opportunités professionnelles du territoire et aux conseils de France Travail ou des Missions Locales, et “Boost ton avenir”

La seconde phase place les élèves directement au contact des professionnels. Les entreprises peuvent présenter leurs métiers et leurs parcours avant des échanges en face-à-face, notamment sous forme de job dating ou de stage dating. Les jeunes peuvent alors mobiliser ce qu’ils ont préparé en amont, demander un retour sur leur candidature et découvrir des opportunités concrètes.

Cette structuration en deux temps distingue le dispositif d’une simple visite d’entreprise ou d’un salon de l’orientation — et la préparation en amont vise à donner du sens et de l’utilité au temps d’échange avec les professionnels.


Les détails varies selon les territoires, mais la logique reste la même : préparer la rencontre avant de mettre directement élèves et professionnels en relation. Par ailleurs, l’ampleur également peut varier fortement d’une édition à l’autre :

  • À Guéret, en mars 2026, 21 jeunes ont rencontré cinq entreprises, tandis que six autres entreprises ont transmis des offres de stage.
  • À Saint-Quentin, les 8 et 9 avril, environ 200 élèves ont participé sur deux jours à des ateliers de savoir-être et à des séquences de job ou stage dating.

Qui sont les acteurs qui font fonctionner le dispositif ?

« Pro(s) dans mon lycée » repose sur une coalition de plusieurs acteurs aux rôles complémentaires, ce qui éclaire la manière dont un dispositif national de ce type peut fonctionner en pratique.

  • La Communauté “Les entreprises s’engagent” et ses clubs départementaux : ils mobilisent localement les entreprises et contribuent au déploiement des éditions.
  • France Travail et les Missions Locales : leurs conseillers interviennent notamment sur la connaissance du marché du travail, le CV, les candidatures et la préparation aux entretiens. Le programme AvenirPro, généralisé depuis la rentrée 2025, concerne les élèves en dernière année de formation professionnelle.
  • Les régions académiques, les établissements et leurs équipes : chefs d’établissement, équipes éducatives et responsables des bureaux des entreprises participent à l’organisation et à l’articulation de ces actions avec le parcours des élèves.
  • Les entreprises participantes : elles présentent leurs métiers, échangent avec les jeunes et peuvent proposer des stages, immersions ou autres opportunités professionnelles.

Cette répartition des rôles montre que le rapprochement entre entreprises et lycées professionnels ne repose pas uniquement sur des entreprises intervenant de manière isolée. Le dispositif s’appuie sur une coordination territoriale entre établissements, acteurs de l’emploi et entreprises, avec des structures chargées de préparer la rencontre et d’organiser la mise en relation.

Ce que le dispositif révèle sur les leviers de rapprochement entreprises-lycées pro

Pour une entreprise ou un responsable RSE qui s’interroge sur la manière de s’engager auprès des lycées professionnels, « Pro(s) dans mon lycée » offre plusieurs enseignements sur ce qui peut faciliter ce rapprochement.

— Le premier enseignement concerne la clarté du format proposé aux entreprises.

→ L’intervention attendue des professionnels est délimitée : elle prend place au sein d’un temps de rencontre organisé, après un travail de préparation déjà réalisé côté élèves.

→ L’entreprise n’a pas à construire seule un programme pédagogique, ce qui peut réduire la charge organisationnelle perçue comme un frein à ce type d’engagement.

— Le deuxième enseignement porte sur l’intérêt d’une coordination entre plusieurs types d’acteurs.

Le dispositif associe un acteur de mobilisation des entreprises, un opérateur public de l’emploi et l’Éducation nationale. Cette organisation illustre une manière possible de rapprocher les mondes économique et scolaire, sans reposer sur une seule structure pour porter l’ensemble des relations avec les établissements.

— Un troisième levier est la mise en relation numérique entre établissements et entreprises.

En complément des rencontres organisées dans les lycées, la Communauté a mis en place un espace numérique dédié aux lycées professionnels ❏, qui permet aux établissements de repérer plus facilement des entreprises volontaires de leur département — notamment celles dont les secteurs correspondent aux filières enseignées — puis de les contacter pour des stages, des immersions, des interventions ou des projets pédagogiques.

→ L’espace numérique est soutenu par le mécénat de JPMorganChase.

Enfin, le choix d’une préparation avant la rencontre vise à faire en sorte que les élèves arrivent face aux professionnels avec des repères et des outils déjà travaillés.

Ceci étant…

Les sources disponibles décrivent surtout le fonctionnement et le déploiement du dispositif. Elles ne permettent pas encore d’en mesurer l’effet réel sur l’insertion professionnelle des jeunes. Toutefois, elles montrent que les rencontres sont structurées autour d’objectifs très concrets : préparer une candidature, un entretien, un stage ou une entrée dans l’emploi. Une façon de donner aux élèves des repères, des contacts et une première expérience du monde professionnel avant même leur sortie du lycée.


Par ailleurs, cette question du « réseau pro » dépasse le cadre du lycée professionnel : d’autres dispositifs cherchent à créer, plus tôt dans le parcours scolaire, des passerelles entre jeunes et entreprises. C’est notamment le cas du programme ViensVoirMonTaf, destiné aux collégiens de l’éducation prioritaire.

Lire l’article : « Viens voir mon taf » : comment le mécénat du Fonds MAIF soutient un programme qui aide des collégiens de REP à construire leur réseau professionnel ↗︎

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Rédaction : L’équipe pédagogique School.Lab


Références

→ Inviter l’entreprise au cœur du lycée professionnel, un dispositif concret pour l’insertion des jeunes — Les entreprises s’engagent
https://lesentreprises-sengagent.gouv.fr/actualites/inviter-lentreprise-au-coeur-du-lycee-professionnel-un-dispositif-concret-pour-linsertion-des-jeunes

→ Une première édition d’un “Pro(s) dans mon lycée” réussie ! — Les entreprises s’engagent
https://lesentreprises-sengagent.gouv.fr/actualites/une-premiere-edition-dun-pros-dans-mon-lycee-reussie

→ AvenirPro et AvenirPro+, accompagner les lycéens professionnels vers l’emploi — Éduscol / ministère de l’Éducation nationale
https://eduscol.education.gouv.fr/5508/avenirpro-et-avenirpro-accompagner-les-lyceens-professionnels-vers-l-emploi

→ Renforcer le lien école-entreprise : une nouvelle fonctionnalité numérique pour les lycées professionnels — Les entreprises s’engagent
https://lesentreprises-sengagent.gouv.fr/actualites/renforcer-le-lien-ecole-entreprise-une-nouvelle-fonctionnalite-numerique-pour-les-lycees-professionnels

→ Insertion des lycéens professionnels et étudiants de niveau CAP à BTS six mois après leur sortie d’études en 2024 — DEPP
https://www.education.gouv.fr/depp/insertion-des-lyceens-professionnels-et-etudiants-de-niveau-cap-bts-six-mois-apres-leur-sortie-d-468230

Plan Avenir : comment la nouvelle politique d’orientation veut réduire les inégalités entre collégiens et lycéens

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Ce que la concertation nationale a révélé sur les inégalités d’orientation

40% des enfants d’ouvriers suivent une 2de générale et technologique, contre 84% des enfants de cadres. Les filles ne représentent que 15% des élèves choisissant la spécialité numérique et sciences informatiques en terminale.

Ces deux chiffres, mis en avant lors de la concertation nationale sur l’orientation ❏ lancée le 28 novembre 2024 par le ministère de l’Éducation nationale, illustrent deux des inégalités auxquelles le Plan Avenir entend répondre : celles liées à l’origine sociale et au genre.

Mis en œuvre dans les établissements à partir de la rentrée 2025 et toujours déployé en 2026-2027, ce plan s’appuie sur la synthèse de la concertation réalisée par l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR).

Celle-ci a fait suite à deux mois de consultations nationales et régionales menées en décembre 2024 et janvier 2025. La concertation a également mis en évidence un biais territorial : les élèves résidant en zone rurale éloignée choisissent moins souvent de poursuivre dans l’enseignement supérieur.

Autre donnée éclairante : 77 % des lycéens se tournent d’abord vers leur famille pour obtenir des conseils sur leur projet d’orientation.

Un chiffre qui n’est pas anodin, car il montre comment le recours privilégié au cercle familial peut renforcer le poids des inégalités socioculturelles dans les choix d’orientation, les familles n’ayant pas toutes le même accès à l’information sur les filières et les métiers.

Régions de France, acteur institutionnel associé à la concertation, avance une estimation du coût de ces dysfonctionnements : 3 à 4 milliards d’euros par an ❏ en réorientations, redoublements et sorties sans diplôme. Cette estimation est portée par une institution directement engagée dans le débat sur la gouvernance de l’orientation : elle doit donc être lue comme un chiffre d’acteur, et non comme une mesure indépendante du coût du système.

Trois leviers concrets pour transformer l’orientation au quotidien

Depuis la rentrée 2025, le Plan Avenir s’appuie — de la 5e à la terminale — sur trois leviers structurants : le plan pluriannuel d’éducation à l’orientation, quatre demi-journées annuelles dédiées et la plateforme Avenir(s).

→ Le premier est le plan pluriannuel d’éducation à l’orientation (PPO) ❏, une programmation d’actions que chaque établissement doit définir pour chaque niveau de classe.

Il est élaboré avec l’appui du conseil pédagogique puis adopté en conseil d’administration avant la fin de l’année civile.

Son élaboration associe l’ensemble des personnels, les élèves via les instances représentatives (conseil de la vie collégienne, conseil de la vie lycéenne), les parents d’élèves et, autant que possible, les partenaires du territoire.

→ Le deuxième levier consiste en quatre demi-journées annuelles dédiées à l’orientation, intégrées à l’emploi du temps plutôt que reléguées à des interventions ponctuelles.

→ Le troisième est la plateforme numérique Avenir(s) ❏, conçue par l’Onisep pour accompagner collégiens et lycéens de la 5e à la terminale, avec un objectif explicite : limiter les effets de l’autocensure et lutter contre les déterminismes sociaux et de genre identifiés par la concertation.

Depuis la rentrée 2026, l’investissement d’un élève de 3e dans l’élaboration de son projet d’orientation enregistré sur Avenir(s) peut également être valorisé lors de l’affectation en voie professionnelle via Affelnet-Lycée ❏. Les modalités de cette valorisation sont précisées chaque année par les circulaires académiques.

Ainsi, la découverte des métiers commence dès la classe de 5e, avec des rencontres avec des professionnels et une découverte de secteurs d’activité.

En 4e et en 3e, elle s’appuie sur les heures d’orientation. En 3e, elle intègre la séquence d’observation obligatoire en milieu professionnel ❏, d’une durée de cinq jours, consécutifs ou non.

Les expériences d’immersion peuvent être préparées dès la 4e, notamment sous la forme de stages courts.

L’objectif fixé par le ministère est qu’à l’issue de la 3e, chaque élève ait eu connaissance d’au moins 50 métiers ❏ et se soit rendu dans un lycée professionnel, un CFA ou un lycée agricole.

Des rôles identifiés pour coordonner l’orientation

Au collège, la découverte des métiers repose notamment sur un référent identifié par le chef d’établissement. Ce rôle, instauré dans le cadre du déploiement de la découverte des métiers depuis 2023, peut être confié à un professeur, un professeur documentaliste ou un conseiller principal d’éducation.

Le référent coordonne les rencontres avec des professionnels et les déplacements des élèves ; un référent par niveau peut être désigné selon les besoins.

L’accompagnement individuel repose aussi sur les professeurs principaux, dont la formation a commencé par ceux de 3e, soit environ 30 000 enseignants annoncés dans le plan. Ils travaillent en lien étroit avec les psychologues de l’Éducation nationale (PsyEN), qui appuient les équipes et interviennent notamment dans les situations individuelles les plus complexes.

Le pilotage territorial du dispositif revient aux directeurs académiques des services de l’éducation nationale (Dasen), avec l’appui des inspecteurs chargés de l’information et de l’orientation.

L’École doit se donner les moyens d’aider les élèves à construire des parcours moins sujets aux déterminismes et aux assignations quels qu’ils soient : géographiques, sociaux, de genre, etc.


Ministère de l’Éducation nationale

Cette architecture n’est pas totalement nouvelle : depuis la rentrée 2023, tous les collèges organisent déjà des temps de découverte des métiers en 5e, 4e et 3e, structurés autour de trois axes : connaissance des secteurs d’activité, expériences d’immersion, découverte des formations post-collège. Le Plan Avenir généralise et structure ces pratiques plutôt qu’il ne les invente.

Ce que le dispositif ne résout pas encore

Un plan d’action ne suffit pas, à lui seul, à effacer des inégalités documentées depuis longtemps dans le système scolaire. Le SNES-FSU a critiqué l’organisation même de la concertation ❏, estimant qu’elle était biaisée et portait en filigrane les réponses préconisées par les Régions.

Le syndicat pointe également que les mesures mises en œuvre depuis plusieurs années auraient, selon lui, aggravé les inégalités sociales et de genre dans les parcours d’orientation plutôt que de les réduire.

Cette controverse rappelle une distinction importante : le Plan Avenir fixe des objectifs et met en place des mécanismes — PPO, demi-journées dédiées, plateforme Avenir(s), accompagnement renforcé — mais les sources officielles mobilisées ici ne présentent pas encore d’évaluation d’impact permettant d’attribuer au plan une réduction des écarts sociaux, de genre ou territoriaux. L’ambition affichée et le résultat démontré restent donc, à ce stade, deux choses distinctes.

Pour les acteurs éducatifs locaux et les associations, ce cadre ouvre néanmoins des points d’entrée concrets.

Au collège, le référent découverte des métiers est l’interlocuteur des partenaires extérieurs pour préparer des rencontres avec des professionnels ou des visites. Pour les familles, le PPO de l’établissement constitue également un repère utile : les parents sont associés à son élaboration et peuvent solliciter le professeur principal ou, selon les besoins, le PsyEN.


Sans prétendre évaluer le Plan Avenir, nous constatons — comme les données nationales le suggèrent — que l’accès à l’information sur les filières et les métiers n’est pas toujours homogène selon les familles. C’est une des raisons pour lesquelles nos ateliers intègrent aussi des temps de méthodologie et d’orientation.

Notre programme « Jeune Tuteur » permet aussi à des lycéens d’expérimenter, à leur échelle, une situation proche du monde professionnel : préparer une séance, transmettre des connaissances, prendre des responsabilités et s’adapter à un groupe. Nous considérons que ce type d’expérience constitue un complément intéressant aux dispositifs d’orientation proposés par les établissements, en aidant les jeunes à mieux identifier leurs compétences et à se confronter concrètement à certaines responsabilités.

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Rédaction : L’équipe pédagogique School.Lab


Références

→ Concertation nationale sur l’orientation — Ministère de l’Éducation nationale
https://www.education.gouv.fr/concertation-nationale-sur-l-orientation-462408

→ Synthèse de la concertation nationale sur l’orientation des élèves — IGÉSR
https://www.education.gouv.fr/igesr/synthese-de-la-concertation-nationale-sur-l-orientation-des-eleves-465618

→ Plan Avenir : l’orientation, pour que l’avenir soit un choix — Ministère de l’Éducation nationale
https://www.education.gouv.fr/plan-avenir-l-orientation-pour-que-l-avenir-soit-un-choix-462900

→ Mise en œuvre du Plan Avenir à partir de l’année scolaire 2025-2026 — Bulletin officiel
https://www.education.gouv.fr/bo/2025/Hebdo27/MENE2519127N

→ La découverte des métiers au collège — Éduscol
https://eduscol.education.gouv.fr/5217/la-decouverte-des-metiers-au-college

→ L’orientation en fin de troisième reste marquée par de fortes disparités scolaires et sociales — DEPP
https://www.education.gouv.fr/sites/default/files/document/NI%2023.40-365928.pdf

→ Scolarités. Le poids des héritages — France Stratégie, 2023
https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/290907.pdf

« Viens voir mon taf » : comment le mécénat du Fonds MAIF soutient un programme qui aide des collégiens de REP à construire leur réseau professionnel

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Le constat : un déficit de réseau professionnel pour les élèves de REP

Le stage de 3e ❏ doit permettre aux élèves de découvrir le monde professionnel et d’enrichir leur réflexion sur l’orientation. Mais tous ne disposent pas des mêmes ressources (réseau familial) pour trouver un lieu d’accueil. Le ministère de l’Éducation nationale souligne que les élèves scolarisés en réseau d’éducation prioritaire ❏ rencontrent davantage de difficultés pour accéder à des stages de qualité, souvent faute de réseaux personnels susceptibles de les orienter ou de les accueillir.

Dans les collèges de l’éducation prioritaire, une large majorité des élèves ont des parents ouvriers ou inactifs : la Fondation Société Générale évoque près de quatre élèves sur cinq.

L’enjeu n’est donc pas seulement de trouver un stage, mais de pouvoir accéder à des environnements professionnels suffisamment diversifiés pour ne pas limiter la découverte des métiers au seul réseau disponible autour de l’élève.

C’est dans ce contexte que Viens voir mon taf ❏ naît en 2015. Les journalistes Mélanie Taravant ❏ et Virginie Salmen décident d’utiliser leur réseau professionnel après un échange décisif avec Gaëlle Frilet, alors professeure d’anglais dans un collège de l’éducation prioritaire à Romainville (Seine-Saint-Denis), qui leur décrit les difficultés rencontrées par ses élèves pour accéder aux stages correspondant à leurs aspirations.

Dix ans après sa création, Viens voir mon taf indique avoir déjà accompagné environ 30 000 jeunes dans l’accès au monde professionnel.

Une plateforme numérique pour mettre en relation élèves et entreprises

Le cœur du dispositif repose sur une plateforme numérique ❏ ouverte aux entreprises et aux collégiens. Les entreprises y publient des offres de stage en décrivant le métier proposé, et les élèves peuvent y postuler directement.

La plateforme n’est qu’une partie du dispositif : ViensVoirMonTaf accompagne aussi les élèves avant, pendant et après leur stage, notamment à travers des ateliers et des temps de préparation. L’objectif est de les aider à identifier leurs centres d’intérêt, candidater eux-mêmes et préparer leur rencontre avec les professionnels.

Cette combinaison entre outil numérique et accompagnement humain vise à donner aux élèves des points de repère concrets sur des métiers qu’ils connaissent peu, en l’absence de réseau familial pour leur en parler.

Les Stage Dating : rencontrer des professionnels en direct

L’association organise également des événements appelés “Stage Dating”, qui permettent à des collégiens de rencontrer directement plusieurs structures proposant des stages et d’échanger avec les professionnels avant de candidater.

Le principe : réunir des élèves de 3e et des professionnels venus de différents secteurs, pour permettre des rencontres directes et des candidatures sur place.

À Lyon, un Stage Dating a par exemple rassemblé 36 élèves de troisième du collège Pierre Valdo à Vaulx-en-Velin, accueillis dans les locaux de la Métropole de Lyon pour échanger avec des professionnels et candidater directement à des stages — avec huit structures proposant au total 45 offres de stage. La Fondation Société Générale ❏, mécène du programme, a documenté cet événement.

Ce format illustre concrètement ce que peut représenter la mise en réseau organisée par l’association : offrir à des élèves dont le réseau professionnel familial peut être limité l’occasion de rencontrer, en une journée, plusieurs interlocuteurs professionnels.

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Le Fonds MAIF, un mécène parmi d’autres soutiens du programme

« Viens voir mon taf » est un programme porté par une association indépendante, qui s’appuie depuis sa création sur plusieurs partenaires pour financer et déployer ses actions.

Depuis sa création, ViensVoirMonTaf s’est développé avec l’appui de nombreux partenaires publics et privés.

Ses rapports d’activité et les publications de ses partenaires documentent notamment des soutiens de la Fondation de France, de la Fondation Transdev et de la Fondation Société Générale. Son modèle repose ainsi depuis longtemps sur plusieurs sources de financement et de partenariat.

En 2026, ViensVoirMonTaf figure parmi les projets soutenus par le Fonds MAIF pour l’éducation ❏ au titre de son programme de mécénat national. MAIF présente le projet comme un moyen d’aider des élèves scolarisés en REP à construire dès la 3e un réseau professionnel et à accéder à des stages en lien avec leurs souhaits d’orientation.

Ce soutien s’inscrit dans le cadre des Mécénats nationaux du Fonds MAIF, attribués via un appel à projets biannuel, organisé en deux sessions par an (février-mars, puis septembre-octobre).

Par ailleurs, cet appel à projets s’adresse à des associations et organismes d’intérêt général à but non lucratif, éligibles au mécénat au sens des articles 200 ❏ et 238 bis ❏ du Code général des impôts, dont les projets ont une portée éducative nationale ou interrégionale.

Pour son appel à projets national, le Fonds MAIF prévoit des dotations comprises entre 5 000 € et 15 000 € par projet, avec un soutien pouvant s’étendre jusqu’à trois ans. Le montant attribué spécifiquement à ViensVoirMonTaf n’est pas indiqué dans les sources publiques consultées.

Le Fonds MAIF pour l’éducation se présente comme accompagnant des associations qui innovent pour l’éducation, l’inclusion et l’émancipation des publics vulnérables. Le programme « Viens voir mon taf » illustre ainsi un modèle de financement pluripartenarial : plusieurs mécènes soutiennent le même dispositif, chacun selon ses propres critères d’éligibilité, sans qu’aucun d’entre eux n’en soit à l’origine.

Ce que ce modèle illustre pour les entreprises engagées en RSE éducation

Pour une entreprise ou une fondation d’entreprise souhaitant agir sur les questions d’orientation et d’égalité des chances, le cas de « Viens voir mon taf » offre un exemple concret de ce que peut signifier soutenir un dispositif existant.

Un cadre d’éligibilité structuré

→ Candidater à un appel à projets défini, avec des critères précis (association d’intérêt général, portée nationale ou interrégionale) et une dotation calibrée.

Une diversification des mécènes

→ Le programme s’appuie sur plusieurs partenaires (Fondation de France ❏, Fondation Transdev ❏, Fondation Société Générale, Fonds MAIF) plutôt que sur un financeur unique.

Une portée territoriale multiple

→ Les actions se déploient dans plusieurs villes, à l’image des Stage Dating organisés à Paris et à Lyon.

Un impact à documenter

→ Pour un mécène, soutenir un programme éducatif ne consiste pas seulement à financer son fonctionnement : les appels à projets demandent de plus en plus que les résultats puissent être suivis. ViensVoirMonTaf publie par exemple ses propres indicateurs, selon lesquels quatre élèves sur cinq déclarent avoir revu à la hausse leur ambition scolaire et quatre sur cinq avoir gagné en confiance après leur stage. Ces résultats sont produits par l’association elle-même et doivent être lus comme tels, mais ils illustrent le type d’indicateurs qu’un porteur de projet peut documenter auprès de ses partenaires.


Ce fonctionnement pluripartenarial peut représenter, pour une association, une manière de ne pas dépendre d’un seul financeur pour poursuivre ses actions. Pour une entreprise mécène ❏, il s’agit d’une contribution à un dispositif déjà structuré et déployé, dont elle ne porte ni la conception ni la gestion opérationnelle, mais dont elle soutient le développement aux côtés d’autres partenaires.

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Références

→ Fonds MAIF pour l’éducation — MAIF
https://entreprise.maif.fr/engagements/education-prevention/fonds-maif-pour-leducation

→ La France s’engage du 22 avril – Viens voir mon taf — Fondation La France s’engage
https://fondationlafrancesengage.org/la-france-sengage-du-22-avril-viens-voir-mon-taf/

→ Trouver le stage de ses rêves avec Viens voir mon taf — Fondation Société Générale
https://fondation.societegenerale.com/fr/actualites/trouver-le-stage-de-ses-reves-avec-viens-voir-mon-taf

→ Viens voir mon taf — Le site officiel
https://www.viensvoirmontaf.fr/