Pro(s) dans mon lycée : comment ce dispositif national fait entrer les entreprises dans les lycées professionnels pour préparer l’insertion des jeunes

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Qu’est-ce que le dispositif « Pro(s) dans mon lycée » ?

« Pro(s) dans mon lycée » est une opération nationale qui organise, dans des lycées professionnels partout en France, des rencontres directes entre des élèves et des professionnels d’entreprises. L’objectif est concret : préparer les jeunes à leur insertion professionnelle en leur permettant d’échanger avec des recruteurs et des salariés, après un temps de préparation en classe.

Ce rapprochement intervient dans un contexte où l’entrée dans l’emploi reste très variable selon le diplôme préparé.

Parmi les jeunes sortis d’études en 2024 sans poursuivre de formation, 24 % des sortants de CAP et 39 % des sortants de baccalauréat professionnel occupaient un emploi salarié six mois plus tard.

Le format est impulsé par les clubs départementaux de la Communauté “Les entreprises s’engagent” et se déploie avec France Travail dans le cadre d’AvenirPro ❏, aux côtés des acteurs de l’Éducation nationale et de l’insertion.

L’objectif annoncé pour 2026 est d’organiser 101 éditions partout en France : le dispositif est donc engagé dans une logique de déploiement national.

Pour les entreprises et les responsables RSE ou RH qui découvrent le dispositif, le fonctionnement repose sur deux temps : une préparation des élèves autour de l’orientation, des candidatures et des entretiens, puis des rencontres directes avec des professionnels et des recruteurs.

Comment se déroule concrètement le parcours ?

Le parcours proposé aux élèves de lycée professionnel se construit en deux étapes distinctes, chacune ayant un rôle précis dans la préparation à l’insertion professionnelle.

La première phase prépare les élèves à la rencontre avec des professionnels. Ils travaillent sur les outils de base de la recherche d’emploi : rédaction ou amélioration du CV, de la lettre de motivation et de la préparation à l’entretien d’embauche.

→ Cette étape vise à ce que les jeunes arrivent aux rencontres avec des repères concrets, plutôt que de découvrir ces exercices au moment même de l’échange avec un professionnel.

Selon les éditions, elle associe notamment l’espace “Mon parcours Avenir”, consacré aux opportunités professionnelles du territoire et aux conseils de France Travail ou des Missions Locales, et “Boost ton avenir”

La seconde phase place les élèves directement au contact des professionnels. Les entreprises peuvent présenter leurs métiers et leurs parcours avant des échanges en face-à-face, notamment sous forme de job dating ou de stage dating. Les jeunes peuvent alors mobiliser ce qu’ils ont préparé en amont, demander un retour sur leur candidature et découvrir des opportunités concrètes.

Cette structuration en deux temps distingue le dispositif d’une simple visite d’entreprise ou d’un salon de l’orientation — et la préparation en amont vise à donner du sens et de l’utilité au temps d’échange avec les professionnels.


Les détails varies selon les territoires, mais la logique reste la même : préparer la rencontre avant de mettre directement élèves et professionnels en relation. Par ailleurs, l’ampleur également peut varier fortement d’une édition à l’autre :

  • À Guéret, en mars 2026, 21 jeunes ont rencontré cinq entreprises, tandis que six autres entreprises ont transmis des offres de stage.
  • À Saint-Quentin, les 8 et 9 avril, environ 200 élèves ont participé sur deux jours à des ateliers de savoir-être et à des séquences de job ou stage dating.

Qui sont les acteurs qui font fonctionner le dispositif ?

« Pro(s) dans mon lycée » repose sur une coalition de plusieurs acteurs aux rôles complémentaires, ce qui éclaire la manière dont un dispositif national de ce type peut fonctionner en pratique.

  • La Communauté “Les entreprises s’engagent” et ses clubs départementaux : ils mobilisent localement les entreprises et contribuent au déploiement des éditions.
  • France Travail et les Missions Locales : leurs conseillers interviennent notamment sur la connaissance du marché du travail, le CV, les candidatures et la préparation aux entretiens. Le programme AvenirPro, généralisé depuis la rentrée 2025, concerne les élèves en dernière année de formation professionnelle.
  • Les régions académiques, les établissements et leurs équipes : chefs d’établissement, équipes éducatives et responsables des bureaux des entreprises participent à l’organisation et à l’articulation de ces actions avec le parcours des élèves.
  • Les entreprises participantes : elles présentent leurs métiers, échangent avec les jeunes et peuvent proposer des stages, immersions ou autres opportunités professionnelles.

Cette répartition des rôles montre que le rapprochement entre entreprises et lycées professionnels ne repose pas uniquement sur des entreprises intervenant de manière isolée. Le dispositif s’appuie sur une coordination territoriale entre établissements, acteurs de l’emploi et entreprises, avec des structures chargées de préparer la rencontre et d’organiser la mise en relation.

Ce que le dispositif révèle sur les leviers de rapprochement entreprises-lycées pro

Pour une entreprise ou un responsable RSE qui s’interroge sur la manière de s’engager auprès des lycées professionnels, « Pro(s) dans mon lycée » offre plusieurs enseignements sur ce qui peut faciliter ce rapprochement.

— Le premier enseignement concerne la clarté du format proposé aux entreprises.

→ L’intervention attendue des professionnels est délimitée : elle prend place au sein d’un temps de rencontre organisé, après un travail de préparation déjà réalisé côté élèves.

→ L’entreprise n’a pas à construire seule un programme pédagogique, ce qui peut réduire la charge organisationnelle perçue comme un frein à ce type d’engagement.

— Le deuxième enseignement porte sur l’intérêt d’une coordination entre plusieurs types d’acteurs.

Le dispositif associe un acteur de mobilisation des entreprises, un opérateur public de l’emploi et l’Éducation nationale. Cette organisation illustre une manière possible de rapprocher les mondes économique et scolaire, sans reposer sur une seule structure pour porter l’ensemble des relations avec les établissements.

— Un troisième levier est la mise en relation numérique entre établissements et entreprises.

En complément des rencontres organisées dans les lycées, la Communauté a mis en place un espace numérique dédié aux lycées professionnels ❏, qui permet aux établissements de repérer plus facilement des entreprises volontaires de leur département — notamment celles dont les secteurs correspondent aux filières enseignées — puis de les contacter pour des stages, des immersions, des interventions ou des projets pédagogiques.

→ L’espace numérique est soutenu par le mécénat de JPMorganChase.

Enfin, le choix d’une préparation avant la rencontre vise à faire en sorte que les élèves arrivent face aux professionnels avec des repères et des outils déjà travaillés.

Ceci étant…

Les sources disponibles décrivent surtout le fonctionnement et le déploiement du dispositif. Elles ne permettent pas encore d’en mesurer l’effet réel sur l’insertion professionnelle des jeunes. Toutefois, elles montrent que les rencontres sont structurées autour d’objectifs très concrets : préparer une candidature, un entretien, un stage ou une entrée dans l’emploi. Une façon de donner aux élèves des repères, des contacts et une première expérience du monde professionnel avant même leur sortie du lycée.


Par ailleurs, cette question du « réseau pro » dépasse le cadre du lycée professionnel : d’autres dispositifs cherchent à créer, plus tôt dans le parcours scolaire, des passerelles entre jeunes et entreprises. C’est notamment le cas du programme ViensVoirMonTaf, destiné aux collégiens de l’éducation prioritaire.

Lire l’article : « Viens voir mon taf » : comment le mécénat du Fonds MAIF soutient un programme qui aide des collégiens de REP à construire leur réseau professionnel ↗︎

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Références

→ Inviter l’entreprise au cœur du lycée professionnel, un dispositif concret pour l’insertion des jeunes — Les entreprises s’engagent
https://lesentreprises-sengagent.gouv.fr/actualites/inviter-lentreprise-au-coeur-du-lycee-professionnel-un-dispositif-concret-pour-linsertion-des-jeunes

→ Une première édition d’un “Pro(s) dans mon lycée” réussie ! — Les entreprises s’engagent
https://lesentreprises-sengagent.gouv.fr/actualites/une-premiere-edition-dun-pros-dans-mon-lycee-reussie

→ AvenirPro et AvenirPro+, accompagner les lycéens professionnels vers l’emploi — Éduscol / ministère de l’Éducation nationale
https://eduscol.education.gouv.fr/5508/avenirpro-et-avenirpro-accompagner-les-lyceens-professionnels-vers-l-emploi

→ Renforcer le lien école-entreprise : une nouvelle fonctionnalité numérique pour les lycées professionnels — Les entreprises s’engagent
https://lesentreprises-sengagent.gouv.fr/actualites/renforcer-le-lien-ecole-entreprise-une-nouvelle-fonctionnalite-numerique-pour-les-lycees-professionnels

→ Insertion des lycéens professionnels et étudiants de niveau CAP à BTS six mois après leur sortie d’études en 2024 — DEPP
https://www.education.gouv.fr/depp/insertion-des-lyceens-professionnels-et-etudiants-de-niveau-cap-bts-six-mois-apres-leur-sortie-d-468230

« Viens voir mon taf » : comment le mécénat du Fonds MAIF soutient un programme qui aide des collégiens de REP à construire leur réseau professionnel

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Le constat : un déficit de réseau professionnel pour les élèves de REP

Le stage de 3e ❏ doit permettre aux élèves de découvrir le monde professionnel et d’enrichir leur réflexion sur l’orientation. Mais tous ne disposent pas des mêmes ressources (réseau familial) pour trouver un lieu d’accueil. Le ministère de l’Éducation nationale souligne que les élèves scolarisés en réseau d’éducation prioritaire ❏ rencontrent davantage de difficultés pour accéder à des stages de qualité, souvent faute de réseaux personnels susceptibles de les orienter ou de les accueillir.

Dans les collèges de l’éducation prioritaire, une large majorité des élèves ont des parents ouvriers ou inactifs : la Fondation Société Générale évoque près de quatre élèves sur cinq.

L’enjeu n’est donc pas seulement de trouver un stage, mais de pouvoir accéder à des environnements professionnels suffisamment diversifiés pour ne pas limiter la découverte des métiers au seul réseau disponible autour de l’élève.

C’est dans ce contexte que Viens voir mon taf ❏ naît en 2015. Les journalistes Mélanie Taravant ❏ et Virginie Salmen décident d’utiliser leur réseau professionnel après un échange décisif avec Gaëlle Frilet, alors professeure d’anglais dans un collège de l’éducation prioritaire à Romainville (Seine-Saint-Denis), qui leur décrit les difficultés rencontrées par ses élèves pour accéder aux stages correspondant à leurs aspirations.

Dix ans après sa création, Viens voir mon taf indique avoir déjà accompagné environ 30 000 jeunes dans l’accès au monde professionnel.

Une plateforme numérique pour mettre en relation élèves et entreprises

Le cœur du dispositif repose sur une plateforme numérique ❏ ouverte aux entreprises et aux collégiens. Les entreprises y publient des offres de stage en décrivant le métier proposé, et les élèves peuvent y postuler directement.

La plateforme n’est qu’une partie du dispositif : ViensVoirMonTaf accompagne aussi les élèves avant, pendant et après leur stage, notamment à travers des ateliers et des temps de préparation. L’objectif est de les aider à identifier leurs centres d’intérêt, candidater eux-mêmes et préparer leur rencontre avec les professionnels.

Cette combinaison entre outil numérique et accompagnement humain vise à donner aux élèves des points de repère concrets sur des métiers qu’ils connaissent peu, en l’absence de réseau familial pour leur en parler.

Les Stage Dating : rencontrer des professionnels en direct

L’association organise également des événements appelés “Stage Dating”, qui permettent à des collégiens de rencontrer directement plusieurs structures proposant des stages et d’échanger avec les professionnels avant de candidater.

Le principe : réunir des élèves de 3e et des professionnels venus de différents secteurs, pour permettre des rencontres directes et des candidatures sur place.

À Lyon, un Stage Dating a par exemple rassemblé 36 élèves de troisième du collège Pierre Valdo à Vaulx-en-Velin, accueillis dans les locaux de la Métropole de Lyon pour échanger avec des professionnels et candidater directement à des stages — avec huit structures proposant au total 45 offres de stage. La Fondation Société Générale ❏, mécène du programme, a documenté cet événement.

Ce format illustre concrètement ce que peut représenter la mise en réseau organisée par l’association : offrir à des élèves dont le réseau professionnel familial peut être limité l’occasion de rencontrer, en une journée, plusieurs interlocuteurs professionnels.

Un stage pour tou·te·s

Pour aider les jeunes à trouver un stage qui a du sens !

Le Fonds MAIF, un mécène parmi d’autres soutiens du programme

« Viens voir mon taf » est un programme porté par une association indépendante, qui s’appuie depuis sa création sur plusieurs partenaires pour financer et déployer ses actions.

Depuis sa création, ViensVoirMonTaf s’est développé avec l’appui de nombreux partenaires publics et privés.

Ses rapports d’activité et les publications de ses partenaires documentent notamment des soutiens de la Fondation de France, de la Fondation Transdev et de la Fondation Société Générale. Son modèle repose ainsi depuis longtemps sur plusieurs sources de financement et de partenariat.

En 2026, ViensVoirMonTaf figure parmi les projets soutenus par le Fonds MAIF pour l’éducation ❏ au titre de son programme de mécénat national. MAIF présente le projet comme un moyen d’aider des élèves scolarisés en REP à construire dès la 3e un réseau professionnel et à accéder à des stages en lien avec leurs souhaits d’orientation.

Ce soutien s’inscrit dans le cadre des Mécénats nationaux du Fonds MAIF, attribués via un appel à projets biannuel, organisé en deux sessions par an (février-mars, puis septembre-octobre).

Par ailleurs, cet appel à projets s’adresse à des associations et organismes d’intérêt général à but non lucratif, éligibles au mécénat au sens des articles 200 ❏ et 238 bis ❏ du Code général des impôts, dont les projets ont une portée éducative nationale ou interrégionale.

Pour son appel à projets national, le Fonds MAIF prévoit des dotations comprises entre 5 000 € et 15 000 € par projet, avec un soutien pouvant s’étendre jusqu’à trois ans. Le montant attribué spécifiquement à ViensVoirMonTaf n’est pas indiqué dans les sources publiques consultées.

Le Fonds MAIF pour l’éducation se présente comme accompagnant des associations qui innovent pour l’éducation, l’inclusion et l’émancipation des publics vulnérables. Le programme « Viens voir mon taf » illustre ainsi un modèle de financement pluripartenarial : plusieurs mécènes soutiennent le même dispositif, chacun selon ses propres critères d’éligibilité, sans qu’aucun d’entre eux n’en soit à l’origine.

Ce que ce modèle illustre pour les entreprises engagées en RSE éducation

Pour une entreprise ou une fondation d’entreprise souhaitant agir sur les questions d’orientation et d’égalité des chances, le cas de « Viens voir mon taf » offre un exemple concret de ce que peut signifier soutenir un dispositif existant.

Un cadre d’éligibilité structuré

→ Candidater à un appel à projets défini, avec des critères précis (association d’intérêt général, portée nationale ou interrégionale) et une dotation calibrée.

Une diversification des mécènes

→ Le programme s’appuie sur plusieurs partenaires (Fondation de France ❏, Fondation Transdev ❏, Fondation Société Générale, Fonds MAIF) plutôt que sur un financeur unique.

Une portée territoriale multiple

→ Les actions se déploient dans plusieurs villes, à l’image des Stage Dating organisés à Paris et à Lyon.

Un impact à documenter

→ Pour un mécène, soutenir un programme éducatif ne consiste pas seulement à financer son fonctionnement : les appels à projets demandent de plus en plus que les résultats puissent être suivis. ViensVoirMonTaf publie par exemple ses propres indicateurs, selon lesquels quatre élèves sur cinq déclarent avoir revu à la hausse leur ambition scolaire et quatre sur cinq avoir gagné en confiance après leur stage. Ces résultats sont produits par l’association elle-même et doivent être lus comme tels, mais ils illustrent le type d’indicateurs qu’un porteur de projet peut documenter auprès de ses partenaires.


Ce fonctionnement pluripartenarial peut représenter, pour une association, une manière de ne pas dépendre d’un seul financeur pour poursuivre ses actions. Pour une entreprise mécène ❏, il s’agit d’une contribution à un dispositif déjà structuré et déployé, dont elle ne porte ni la conception ni la gestion opérationnelle, mais dont elle soutient le développement aux côtés d’autres partenaires.

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Références

→ Fonds MAIF pour l’éducation — MAIF
https://entreprise.maif.fr/engagements/education-prevention/fonds-maif-pour-leducation

→ La France s’engage du 22 avril – Viens voir mon taf — Fondation La France s’engage
https://fondationlafrancesengage.org/la-france-sengage-du-22-avril-viens-voir-mon-taf/

→ Trouver le stage de ses rêves avec Viens voir mon taf — Fondation Société Générale
https://fondation.societegenerale.com/fr/actualites/trouver-le-stage-de-ses-reves-avec-viens-voir-mon-taf

→ Viens voir mon taf — Le site officiel
https://www.viensvoirmontaf.fr/

Comment une entreprise peut soutenir une association éducative : mécénat financier, en nature et de compétences

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Trois façons de soutenir une association éducative

Une entreprise qui souhaite soutenir une association éducative dispose de plusieurs leviers. Le mécénat ❏ est un soutien financier, matériel ou humain apporté à un organisme d’intérêt général ❏ sans contrepartie équivalente. Des contreparties limitées peuvent exister, à condition qu’elles restent disproportionnées par rapport au don. Sous certaines conditions, ce soutien peut ouvrir droit à une réduction d’impôt pour l’entreprise donatrice.

En pratique, une entreprise peut agir de trois grandes façons : verser un don financier, apporter des biens ou des services, ou mobiliser les compétences de ses salariés. Fiscalement, le mécénat de compétences constitue une forme particulière de mécénat en nature, mais il obéit à des modalités de mise en œuvre spécifiques.

Ces trois formes ne s’excluent pas : une PME peut très bien combiner un don ponctuel, la mise à disposition d’un local et l’intervention régulière d’un salarié. Comprendre ce qui les distingue permet de choisir la modalité la plus adaptée aux moyens et aux priorités de l’entreprise.

Le mécénat financier : le don en numéraire

C’est la forme la plus connue : l’entreprise verse une somme d’argent à une association d’intérêt général, sans contrepartie directe. Pour une association éducative, ce type de don peut financer, par exemple, l’achat de matériel pédagogique ou le fonctionnement d’un programme d’accompagnement.

Toutes les entreprises soumises au régime réel d’imposition, qu’elles relèvent de l’impôt sur le revenu ou de l’impôt sur les sociétés, peuvent bénéficier d’une réduction d’impôt en contrepartie de ces dons. C’est ce cadre fiscal commun qui s’applique également, comme on le verra, aux deux autres formes de mécénat.

Le mécénat en nature : biens, marchandises et prestations

Le mécénat en nature ❏ consiste à donner un bien ou à réaliser une prestation, plutôt qu’à verser une somme d’argent. Il peut prendre plusieurs formes concrètes :

  • La remise d’un bien immobilisé, comme le don d’un véhicule
  • Le don de marchandises en stock, par exemple des matériaux divers
  • L’exécution d’une prestation de services, comme la création gratuite d’un site internet
  • La mise à disposition de moyens matériels, personnels ou techniques propres à l’entreprise

Pour une association éducative, cela peut se traduire par la mise à disposition d’un local pour organiser des ateliers, le don d’ordinateurs devenus superflus pour l’entreprise, ou encore la mise à disposition gratuite d’un employé pour assurer une mission ponctuelle, par exemple la comptabilité de l’association.

Les critères d’éligibilité sont les mêmes que pour un don financier. Le caractère éducatif fait partie des objets pouvant ouvrir droit au mécénat, mais il ne suffit pas à lui seul : l’organisme doit notamment relever de l’intérêt général au sens de l’article 238 bis du Code général des impôts ❏, avoir une gestion désintéressée, exercer une activité non lucrative et ne pas fonctionner au profit d’un cercle restreint de personnes.

À voir : School.Lab et Maarch : 6 années de partenariat au service de la réussite éducative à Nanterre

Le mécénat de compétences : mettre à disposition des salariés

Le mécénat de compétences ❏ est un dispositif solidaire, non défini juridiquement en tant que tel, par lequel une entreprise met gratuitement à disposition un ou plusieurs salariés au profit d’un organisme éligible au mécénat.

Le salarié continue d’être rémunéré par son employeur pendant la mission.

Selon la forme choisie, l’organisation du travail diffère : dans une prestation de services, le salarié reste sous la direction de son entreprise ; dans le cadre d’un prêt de main-d’œuvre, une partie du pouvoir hiérarchique peut être transférée à l’association bénéficiaire.

Ce dispositif se distingue nettement du bénévolat de compétences, qui relève, lui, de l’initiative personnelle du salarié sur son temps libre.

Le mécénat de compétences s’exerce sur le temps de travail, contrairement au bénévolat de compétences réalisé sur le temps personnel. Dans le cas d’un prêt de main-d’œuvre, l’accord du salarié est nécessaire et doit être formalisé par un avenant à son contrat de travail.

Concrètement, il peut prendre deux formes :

  • Le prêt de main d’œuvre, où l’association pilote elle-même la mission confiée au salarié mis à disposition
  • La prestation de service, où l’entreprise réalise directement une mission ciblée au profit de l’association, sans transférer le pilotage

Pour que l’entreprise bénéficie de la réduction d’impôt, l’organisme bénéficiaire doit être éligible au mécénat au sens de l’article 238 bis et pouvoir délivrer le reçu fiscal correspondant. En cas de doute sur son éligibilité, une association peut demander à l’administration fiscale un rescrit mécénat ❏.

Dans le cadre du prêt de main-d’œuvre prévu par l’article L.8241-3 du Code du travail, la mise à disposition d’un salarié ne peut pas excéder trois ans. Une mission de mécénat de compétences peut néanmoins être beaucoup plus ponctuelle : quelques heures, une journée ou plusieurs jours répartis dans le temps.

La mission doit être formalisée entre les parties. Dans le cas particulier d’un prêt de main-d’œuvre, une convention tripartite entre l’entreprise, le salarié et l’organisme bénéficiaire est prévue, ainsi qu’un avenant au contrat de travail du salarié.

Le Ministère de la Culture met d’ailleurs à disposition des modèles de conventions ❏ distincts selon le type de mécénat pratiqué et propose également un guide pratique ❏

Un cadre fiscal commun, des règles de valorisation spécifiques

Que le don soit financier, en nature ou de compétences, il ouvre droit au même mécanisme de réduction d’impôt, prévu par l’article 238 bis du CGI : 60% de la fraction des versements inférieure ou égale à 2 millions d’euros, et 40% au-delà de ce seuil pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2020.

Un plafond global s’applique par ailleurs : la réduction porte sur 20 000 euros ou 0,5% du chiffre d’affaires annuel hors taxes, selon le montant le plus élevé. Si ce plafond est dépassé au cours d’un exercice, l’excédent peut être reporté sur les cinq exercices suivants, au même taux.

La différence essentielle entre les trois formes de mécénat tient à la manière dont le don est valorisé

  • Un don financier se valorise simplement par le montant versé
  • Un don en nature est en principe valorisé à son coût de revient hors taxes. Des règles particulières s’appliquent notamment aux biens inscrits à l’actif de l’entreprise.
  • Une mise à disposition de personnel se valorise au coût de revient correspondant, au prorata du temps consacré, à la rémunération du salarié et aux charges sociales afférentes. Pour chaque salarié, cette valorisation est toutefois retenue dans la limite de trois fois le plafond prévu par le Code de la sécurité sociale.

Pour la mise à disposition d’un salarié, la valorisation correspond au coût de revient de la mise à disposition — rémunération brute et charges sociales afférentes, au prorata du temps consacré — dans la limite prévue par l’article 238 bis du CGI.

Elle doit ensuite être réintégrée extra-comptablement par l’entreprise sur le tableau n° 2058-A-SD de sa liasse fiscale. La valorisation d’un don en nature relève de la responsabilité de l’entreprise mécène. Celle-ci communique le montant retenu à l’association, qui le reporte sur le reçu fiscal ; l’association n’a pas à déterminer elle-même cette valeur.

Choisir la forme de soutien adaptée à son association éducative

Pour une PME ou un responsable RSE, le choix entre ces trois formes de mécénat dépend souvent des ressources disponibles plutôt que d’une hiérarchie entre elles. Une entreprise disposant de trésorerie ponctuelle privilégiera peut-être le don financier ; une entreprise disposant de matériel ou de locaux inutilisés pourra opter pour un don en nature ; une entreprise souhaitant impliquer directement ses équipes se tournera vers le mécénat de compétences, par exemple en mettant un salarié à disposition pour accompagner une association dans un projet précis.

Dans le champ éducatif, ces trois leviers peuvent répondre à des besoins très concrets : financer des ateliers, donner du matériel informatique, ou mettre à disposition une expertise technique ou méthodologique le temps d’une mission.

L’essentiel, avant tout engagement, reste de vérifier que l’association visée relève bien d’un organisme d’intérêt général au sens de l’article 238 bis du CGI, condition commune aux trois formes de mécénat.

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Références

→ Mécénat : donnez à des œuvres d’intérêt général et obtenez une réduction d’impôt — Ministère de l’Économie : https://www.economie.gouv.fr/entreprises/gerer-sa-fiscalite-et-ses-impots/limpot-sur-les-benefices-ir-et/mecenat-donnez-des-oeuvres-dinteret-general-et-obtenez-une-reduction

→ Mécénat de compétences : un guide pratique pour redonner du sens au travail — Ministère de l’Économie : https://www.economie.gouv.fr/mecenat-competences-guide-pratique-redonner-sens-travail

→ Le mécénat de compétences, c’est quoi ? — Associations.gouv.fr : https://associations.gouv.fr/le-mecenat-de-competences-cest-quoi

→ BIC – Réductions d’impôt – Mécénat ou réduction d’impôt pour les dons visés à l’article 238 bis du CGI — BOFiP : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/6476-PGP.html/identifiant=BOI-BIC-RICI-20-30-10-20-20230621

→ Le mécénat en nature ou en compétences — Ministère de la Culture : https://www.culture.gouv.fr/thematiques/mecenat/entreprises/le-mecenat-en-nature-ou-en-competences

Mécénat ou sponsoring : quelle différence ? Dans le mécénat, l’entreprise soutient une action d’intérêt général sans recevoir de contrepartie commerciale équivalente. Une reconnaissance limitée peut exister. Lorsque l’entreprise recherche en revanche une prestation publicitaire ou commerciale proportionnée à son financement, l’opération relève plutôt du parrainage ou sponsoring.